Agent 6, par Tom Rob Smith

Agent6_620-350Leo Demidov, que nous avons déjà rencontré dans Enfant 44 (décidément, l’auteur aime bien les chiffres), se retrouve à nouveau au centre de ce roman, assez lent dans ses 200 premières pages (lenteur à laquelle Rob Smith ne nous avait pas habitués), trépidant ensuite jusqu’à la fin.
La première partie raconte comment Leo quitte la police soviétique pour l’amour de Raïssa, la femme qu’il a épousée. Puis on assiste brièvement au meurtre de Jesse Austin, un chanteur américain communiste, tué devant les Nations Unies en 1965 à l’occasion d’un concert auquel participent Raïssa et ses deux filles adoptives. Raïssa, tuée à son tour quelques heures plus tard par la femme d’Austin, est supposée être l’auteur du meurtre. La version officielle est qu’elle entretenait une liaison secrète avec Austin depuis des années et qu’elle l’a tué dans une crise de jalousie.

Bien sûr, le lecteur se doute que ce n’est pas vrai. Demidov est certain que c’est un coup monté du KGB. Mais à quelles fins ? Qui en est responsable ? Perdu de chagrin, sans possibilité d’enquêter, il sombre dans la dépression.

On se retrouve plus tard en 1963. Leo a fait semblant d’oublier ce terrible évènement pour permettre à ses deux filles de grandir et de se marier. Il fait une tentative d’évasion par la Finlande, qui échoue. Les Soviétiques (qui reconnaissent en lui un ancien policier) lui proposent alors de l’épargner s’il accepte une mission très périlleuse : devenir agent secret du parti communiste à Kaboul, en Afghanistan.

Nous le retrouvons dans les années 1970. Les Soviétiques envahissent l’Afghanistan. Leo est toujours agent du pouvoir communiste en place. Il est mêlé à la population, on le prend pour un Afghan. Il noie son passé dans l’opium. Il s’échapperait bien vers les États Unis pour découvrir l’assassin d’Austin, mais il sait que cela mettrait en danger la vie de ses filles. Pour l’heure, il accompagne l’armée soviétique dans des opérations spéciales, en compagnie d’une jeune agente afghane plus convaincue par le communisme que lui. Lors d’une opération qui tourne mal, il est capturé par les rebelles afghans et parvient à négocier avec eux d’être remis à la CIA au Pakistan.
Il parvient ainsi aux États Unis. La troisième et dernière partie du livre commence alors.

L’intérêt de ce bon roman est plus dans la description du système communiste, de l’Afghanistan des années 1970 et de la “renaissance” de Demidov au fil des années que dans l’enquête sur le meurtre d’Austin à proprement parler.

 

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